
vendredi 13 mars 2009
La N.R.F a cent ans (2)

Roger martin du Gard, un chartiste qui n'a pas bien tourné
" Quand ces lignes paraîtront, plus de trois années se seront écoulées depuis la mort de Roger Martin du Gard, survenue le 23 août 1958 dans sa propriété du Tertre, à Bellême. Prolonger davantage le silence gardé jusqu'à présent sur sa personne par l'organe de la communauté chartiste aurait quelque chose d'insolite qui ressemblerait à de l'inconscience. Ce serait en même temps une ingratitude. On en jugera par ce qui suit.
En 1957, Roger Martin du Gard offrait à l'École des chartes les deux élégants volumes de la Bibliothèque de la Pléiade qui contiennent ses Œuvres complètes.
Sur le feuillet de garde, il avait écrit ceci : « A la bibliothèque de l'École des Chartes, je demande d'accueillir — fût-ce dans son « Enfer » — ces deux petits volumes d'une œuvre évidemment très profane... J'aimerais pouvoir penser que, de temps à autre, l'un de mes jeunes successeurs (au hasard de ses découvertes dans ces rayons auxquels je dois tant d'heures enrichissantes de ma jeunesse) aura l'occasion de lire les pages XLVII, XLVIII et XLIX de mes Souvenirs, — bref témoignage de l'attachement plein de gratitude que j'ai toujours porté, très fidèlement, à notre École. Un chartiste « qui n'a pas bien tourné » Roger Martin du Gard Janvier 57 »
[Et en note :] « Aurais-je pu écrire La Gonfle [II, p. 1164], si je n'avais pas eu la chance de suivre les leçons de Gaston Paris (sic) et le cours savoureux de Paul Mayer (sic)? »
En effet, p. XLVII-XLIX des Souvenirs, notre illustre confrère raconte comment, après un échec à la licence en juillet 1900, il avait « cédé à une tentation subite » et passé ses quatre mois de vacances à travailler « d'arrache-pied » pour se mettre en état de passer en octobre le concours d'entrée à l'École des Chartes. (Vérification faite c'est par arrêté du novembre 1900 que Roger Martin du Gard été nommé élève de l'Ecole des Chartes et non en 1899 comme le laisse entendre l'index chronologique placé en tête de ses oeuvres complètes XXXIII). Après avoir rendu grâces à l'École de lui avoir donné le sens et le goût de l'histoire, il ajoute :
« En outre...,j 'y ai été soumis à une certaine méthode de travail, à une certaine discipline intellectuelle et morale, qui me sont devenues une seconde nature. J'ai appris, non seulement à respecter, mais à considérer comme indispensable, pour accomplir une œuvre digne de confiance et d'estime, la rigueur qu'appliquaient à leurs recherches ces historiens impartiaux, qui ne se seraient pas permis la plus petite affirmation sans s'être livrés au préalable à une documentation méticuleuse. Je ne m'étais jamais intéressé aux sciences, je n'avais jamais approché de savants ; ce sont les maîtres que j'ai fréquentés aux Chartes qui m'ont révélé ce que sont, chez un chercheur scrupuleux, la conscience scientifique et les exigences de l'honneur professionnel... Un tel contact m'a pour toujours marqué. Je dois à leur exemple de m'être perpétuellement défié des besognes impromptues. Par un fétichisme peut- être excessif de l'exactitude..., avant d'entreprendre un nouveau livre, je me suis toujours astreint à rassembler le plus de renseignements possible, à accumuler notes et fiches, afin de réduire au minimum les risques d'erreur et de me prémunir contre les entraînements de l'improvisation. Le soin maniaque avec lequel j'ai préparé certains de mes romans, ou du moins certaines de leurs parties, n'est pas, toutes proportions gardées, sans rappeler l'application du chartiste aux prises avec un ouvrage d'érudition... »
Ces lignes valaient, croyons-nous, la peine d'être transcrites, encore que, cédant au penchant de sa nature qui le portait toujours à se reconnaître débiteur envers autrui, Roger Martin du Gard ait peut-être exagéré l'importance de sa dette et conviendrait-il davantage de parler de dispositions naturelles dont l'atmosphère chartiste permit au jeune étudiant de prendre mieux conscience et favorisa l'épanouissement. Toujours est-il que la confidence est celle d'un orfèvre, et d'un orfèvre qui prenait sa tâche au sérieux. La preuve en est administrée par la très consciencieuse, très complète et très technique monographie qu'il dédia en 1909 à son maître, Eugène Lefèvre-Pontalis, en témoignage de sa respectueuse gratitude, L'abbaye de Jumièges... Étude archéologique des ruines. Enrichie de 22 planches hors texte et de 50 photographies, elle est l'œuvre à la fois d'un archéologue averti et d'un homme de goût, sensible aux évocations du passé et à la poésie des choses. C'était, probablement quelque peu remaniée, la thèse qui lui avait valu en 1906 le diplôme d'archiviste paléographe. Les moyens que sa situation de fils de famille mettait à sa disposition lui avaient permis d'entreprendre une campagne de fouilles et de retrouver en plusieurs endroits « les fondations des parties disparues des églises et des bâtiments claustraux ».
II ne nous appartient pas de retracer les étapes d'une carrière littéraire couronnée par la plus haute récompense aujourd'hui imaginable. Dans les années qui ont précédé la mort de Roger Martin du Gard, le signataire de ces lignes avait suggéré qu'une démarche fût faite auprès de lui pour qu'il voulût bien accepter la présidence de notre Société. La notoriété de l'écrivain, la qualité de son comportement, l'humanité de son œuvre l'auraient ennoblie, comme elles honorent, quelque différentes que puissent être leurs options devant les problèmes essentiels, tous ceux que le lauréat du prix Nobel regardait comme ses confrères. " G. T.
jeudi 5 mars 2009
Secret de Polichinelle
mardi 3 mars 2009
Le Testament du Père Leleu
La répétition générale eut lieu le 6 février 1914 suivie de la première au Vieux-Colombier le 7. " Oui, vraiment un gros petit succès. Et depuis, ça marche bien. On rit beaucoup, on applaudit ferme. " (Lettre à Marcel de Coppet, 11 février 1914. Journal I, p. 458).
Sans Charles Dullin ni Madame Barbieri, Le Testament du Père Leleu est repris du 18 au 21 mars (20h00) au Théâtre de l'Iris de Villeurbanne par la Compagnie de l'Iris.
dimanche 8 février 2009
Saül - Taciturne
La réaction à cette charge de l'Ambassadeur de France à Washington il faut la chercher dans deux lettres à Jacques Copeau adressées par Roger Martin du Gard les 5 et 8 décembre 1931 :
[...] Voilà ce que ton très chrétien ami Claudel a cru bon d'écrire à Jouvet. Je lui pardonne ses offenses, mais je t'avoue que j'en ai pleuré. Tout, tout me sépare de Claudel. Mais je l'estime, et le tiens pour pour l'un des plus grands d'aujourd'hui.[...] J'ai attendu que le crachat soit sec, et au premier coup de brosse, il n'en est rien resté... Après tout, un crachat de Claudel, c'est encore du Claudel ! [...]
* L'article complet de Robert Kemp est reproduit dans le BAAG n°161 janvier 2009.
dimanche 1 février 2009
La N.R.F a cent ans

Fondée par André Gide, Jean Schlumberger, Jacques Copeau, Marcel Drouin, Henri Ghéon et André Ruyters le vrai premier numéro de la Nouvelle Revue Française voit le jour le 1er février 1909 : un siècle ! Pour qui veut suivre la création et les premiers pas de la jeune revue, comprendre ses choix esthétiques la somme d’Auguste Anglès « André Gide et le premier groupe de La Nouvelle Revue Française » publiée en trois volumes entre 1978 et 1986 fait autorité :
" La formation du groupe et les années d’apprentissage 1890-1910 "
" L’âge critique 1911-1912 "
" Une inquiète maturité 1913-1914 "
Considéré par ses pairs comme un des membres authentiques du premier groupe, Roger Martin du Gard qui ne collaborera jamais à la Revue, intègre la sphère en 1913 : « […] Alors j’ai écrit à Gallimard qui dirige avec Schlumberger les éditions de la Nouvelle Revue Française (couverture crème, encadrement noir et rouge) sous le haut patronage d’André Gide […] et c’est Schlumberger qui a reçu le manuscrit […] C’était la première fois que j’entendais mon bouquin résonner dans le cœur d’un type qui ne me connaît pas. Tu juges de ma joie. » Lettre à Pierre Margaritis, 3 juillet 1913. Journal I, p. 411-412.
samedi 31 janvier 2009
La Bibliothèque de la Pléiade
Cherchez l'erreur...!
dimanche 25 janvier 2009
Marcel de Coppet l'Ami intime, le gendre...
Marcel de Coppet
(1881-1968)
Quatrième de couverture :
samedi 24 janvier 2009
Témoignage
Jean Schlumberger livre ses souvenirs pendant près d'une heure. Sous la forme d'une interview, filmée à son domicile parisien 78 rue d'Assas , ce document est archivé sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel. Un extrait de 10 minutes est présenté gratuitement, l'intégralité de ce Portrait-Souvenir étant proposée en téléchargement payant.jeudi 8 janvier 2009
Ressemblance ?
Charlotte Andrieux, spécialiste de Roger Martin du Gard, me fait remarquer que l'acteur François Dunoyer qui joue le rôle de Jacques dans la première adaptation télévisuelle des Thibault est assez proche du modèle de RMG...Cette adaptation coréalisée par André Michel et Alain Bourdet fut diffusée en 6 épisodes de 90 minutes sur la première chaîne de l'ORTF entre décembre 1972 et janvier1973. Côté distribution, on notera les noms de Charles Vanel (Oscar Thibault), Philippe Rouleau (Antoine Thibault) et François Dunoyer (Jacques Thibault).
Pour la nouvelle adaptation du roman-fleuve proposée par France 2 en 2003 et qui fit légitimement débat, je renvoie à l'entretien du réalisateur Jean-Daniel Verhaeghe dans La Lettre n°15 de l'Association des Amis de Roger Martin du Gard.
mercredi 7 janvier 2009
Modèles d'Oscar Thibault, Antoine et Jacques
lundi 5 janvier 2009
Roger Martin du Gard à Pontigny
Autour d'André Gide assis, de gauche à droite : Jean Schlumberger, Jacques Rivière et Roger Martin du Gard. 2ème Décade (14-24 août 1922) : Miroir de l'honneur ; culture de la fierté par la fiction.
Dans l’excellent Paul Desjardins et les Décades de Pontigny1, Jean Schlumberger conclut sa contribution2 par un portrait de Roger Martin du Gard qu’il me plaît de citer :
« Mon propos n’est pas d’établir, parmi les anciens de la N.R.F., un palmarès d’assiduité ni des certificats d’attachement à Pontigny ; je crois pourtant que sur deux plans, celui du zèle et celui du cœur, c’est bien à Roger Martin du Gard que serait revenu le prix d’excellence. (Bien qu’il ne fût pas en titre un des fondateurs de la revue et qu’il n’y ait même jamais collaboré, je le revendique comme un des membres authentiques du premier groupe.)
Dès sa première apparition à Pontigny, il avait posé en principe qu’il n’était pas un de ces intellectuels bien parlants, qui trouvent des choses ingénieuses à dire sur n’importe quoi. Il écouterait avec profit ces messieurs rivaliser d’érudition, de citations, d’entraînement aux subtilités philosophiques, mais on ne devrait pas compter sur lui pour prendre part à ces tournois ; il resterait un auditeur muet. Cette gageure il l’a tenue avec un entêtement granitique. D’autres que lui, que le ciel n’a pas doué de volubilité verbale, auraient eu le goût de partager son confortable silence, mais les conducteurs d’entretiens parvenaient toujours à les en débusquer, tandis que toutes les ruses, tous les pièges tendus ne son pas arrivés, en vingt ans, à tirer de Roger Martin du Gard fût-ce une exclamation. Or malgré ce mutisme de parade on peut, je crois, dire que personne n’a exercé plus de rayonnement dans les conversations privées, personne ne s’est plus intéressé aux jeunes, n’a plus encouragé les débutants.
L’immense correspondance qu’il a laissée montre non seulement la curiosité, mais les disponibilités de sympathie qu’il avait pour les êtres. Il a eu beau, pendant les dernières années, vivre dans la retraite, il ne désertait pas ses amitiés. Nous le savions, mais quand il a disparu, voici juste un an, chacun s’est aperçu avec étonnement combien le vide qui venait de s’ouvrir était plus large et profond qu’il ne s’y serait attendu, combien nous comptions instinctivement sur lui, sur ses conseils, combien par son œuvre dont les snobs prétendent qu’elle n’apporte plus rien, il aidait à maintenir la notion que la littérature est quelque chose en soi, quelque chose qui se continue, qui dure, et non pas, comme on nous le prêche, une activité utilitaire, sans signification au-delà de l’instant présent. »
1 Etudes, témoignages et documents inédits présentés par Anne Heurgon-Desjardins, PUF 1964.
2 " Pontigny et la Nouvelle Revue Française ". Ibid, p. 160-168.
samedi 27 décembre 2008
La Condition humaine
Annonce officielle du Prix Goncourt 1933
dimanche 14 décembre 2008
Manuscrits
SCP Boisseau & Pomez1-2 rue de la Paix
10000 Troyes
Roger Martin du Gard - André Gide - Albert Camus


samedi 13 décembre 2008
Dossier Vieux-Colombier

vendredi 12 décembre 2008
Web " Association des Amis de Roger Martin du Gard "

Outre :
- une biographie,
- la liste des oeuvres,
- les éditions disponibles,
- une bibliographie critique fournie,
samedi 6 décembre 2008
Archives Marc Allégret

95 MARTIN DU GARD ROGER.
Il aimerait assister au tournage d’un des film d’Allégret, lui suggère, en plaisantant, d’entrer en vue de mariage en relation avec Denise van Moppès, « unique héritière d’une vieille famille hollandaise ayant des concessions à Java », attend qu’il lui explique le fonctionnement d’un Pathé-Baby offert par son frère, évoque " Colline " de Giono qu’il trouve un très beau livre ; il songe aussitôt « à l’extraordinaire film qu’on pourrait en tirer ». Lui-même prépare pour Allégret des scénarios qui ne semblent pas l’intéresser : « Frère et soeur », « Paysans » (cf. le manuscrit dactylographique ci dessous). Il le félicite sur son mariage (1938),puis : « Le départ de Christiane me remue profondément. J’ai plus que jamais besoin de solitude et de silence ». « Les Allégret ont une fille ! Alleluia ! » (3 juil. 1942).
96 MARTIN DU GARD ROGER.
[Le Film parlant français].
Paris, janvier 1930 ; 7 pages in-4 dont quatre autographes et un petit dossier dactylogr. sur le même sujet.
500 / 600 €
97 MARTIN DU GARD ROGER.
Frère et soeur (Film non parlant mais sonore). Vers 1930. Manuscrit dactylographique de [26] ff., 137 ff., 36 ff., [2] ff.,cartonné dos toile.
200 / 300 €
Scénario de film apparemment inédit. Dactylographie originale de l’époque portant quelques corrections manuscrites.
98 MARTIN DU GARD ROGER.
Réunion de trois ouvrages en éditions originales (exemplaires de presse).
Paris, Gallimard, 1928, 1929, 1933 ; 3 vol. in-12 brochés.
150 / 250 €
LES THIBAULT. T. VI : La mort du père. Envoi de l’auteur : « à Marc qui ne me lit pas ».
99 MARTIN DU GARD ROGER.
Notes sur André Gide. 1913-1951.
Paris, Gallimard, 1951 ; in-12 broché.
200 / 300 €
Édition originale. Exemplaire de presse.— Dédicace autographe signée de l’auteur : « à Marc en souvenir de ces jours de février où nous avons été si proches dans le chagrin… » Gide était mort le 19 février 1951.
100 MARTIN DU GARD ROGER.
Commentaire autographe sur le reportage au « Tertre » (sa propriété) fait pour être incorporé dans le film sur André Gide. Paris, avril 1951 ; 5 pages in-4 oblong, une lettre autographe, des dactylographies et papiers divers liés à l’affaire. Le tout contenu dans un étui-boîte noir et rouge.
400 / 500 €
Dations à la BnF
La succession de Roger Martin du Gard, en 1977, est à l'origine de la plus première dation d'entrée à la Bibliothèque de France !
jeudi 4 décembre 2008
Martin du Gard en Roumanie

Silvia PANDELESCU, Maître de conférences à la Faculté des langues et littératures étrangères,Université de Bucarest, publie en cette année du cinquantenaire Techniques narratives et descriptives dans l'oeuvre de Roger Martin du Gard.
La présentation qu'en fait l'éditeur est à lire Ici.





