vendredi 13 mars 2009

La N.R.F a cent ans (2)


Outre l'historique de la revue et la présentation des auteurs sur le site Le Centenaire (1909-2009) La Nouvelle Revue Française, dont la version définitive sera prochainement mise en ligne, sont annoncés les manifestations, expositions et colloques organisés pour célébrer cet anniversaire.

La page consacrée à Roger Martin du Gard est ici.

Roger martin du Gard, un chartiste qui n'a pas bien tourné

En 1960 M. Georges Tessier rend hommage à Roger Martin du Gard dans le volume 118 de la Bibliothèque de l'Ecole des Chartes :

" Quand ces lignes paraîtront, plus de trois années se seront écoulées depuis la mort de Roger Martin du Gard, survenue le 23 août 1958 dans sa propriété du Tertre, à Bellême. Prolonger davantage le silence gardé jusqu'à présent sur sa personne par l'organe de la communauté chartiste aurait quelque chose d'insolite qui ressemblerait à de l'inconscience. Ce serait en même temps une ingratitude. On en jugera par ce qui suit.

En 1957, Roger Martin du Gard offrait à l'École des chartes les deux élégants volumes de la Bibliothèque de la Pléiade qui contiennent ses Œuvres complètes.


Sur le feuillet de garde, il avait écrit ceci : « A la bibliothèque de l'École des Chartes, je demande d'accueillir — fût-ce dans son « Enfer » — ces deux petits volumes d'une œuvre évidemment très profane... J'aimerais pouvoir penser que, de temps à autre, l'un de mes jeunes successeurs (au hasard de ses découvertes dans ces rayons auxquels je dois tant d'heures enrichissantes de ma jeunesse) aura l'occasion de lire les pages XLVII, XLVIII et XLIX de mes Souvenirs, — bref témoignage de l'attachement plein de gratitude que j'ai toujours porté, très fidèlement, à notre École. Un chartiste « qui n'a pas bien tourné » Roger Martin du Gard Janvier 57 »

[Et en note :] « Aurais-je pu écrire La Gonfle [II, p. 1164], si je n'avais pas eu la chance de suivre les leçons de Gaston Paris (sic) et le cours savoureux de Paul Mayer (sic)? »


En effet, p. XLVII-XLIX des Souvenirs, notre illustre confrère raconte comment, après un échec à la licence en juillet 1900, il avait « cédé à une tentation subite » et passé ses quatre mois de vacances à travailler « d'arrache-pied » pour se mettre en état de passer en octobre le concours d'entrée à l'École des Chartes. (Vérification faite c'est par arrêté du novembre 1900 que Roger Martin du Gard été nommé élève de l'Ecole des Chartes et non en 1899 comme le laisse entendre l'index chronologique placé en tête de ses oeuvres complètes XXXIII). Après avoir rendu grâces à l'École de lui avoir donné le sens et le goût de l'histoire, il ajoute :


« En outre...,j 'y ai été soumis à une certaine méthode de travail, à une certaine discipline intellectuelle et morale, qui me sont devenues une seconde nature. J'ai appris, non seulement à respecter, mais à considérer comme indispensable, pour accomplir une œuvre digne de confiance et d'estime, la rigueur qu'appliquaient à leurs recherches ces historiens impartiaux, qui ne se seraient pas permis la plus petite affirmation sans s'être livrés au préalable à une documentation méticuleuse. Je ne m'étais jamais intéressé aux sciences, je n'avais jamais approché de savants ; ce sont les maîtres que j'ai fréquentés aux Chartes qui m'ont révélé ce que sont, chez un chercheur scrupuleux, la conscience scientifique et les exigences de l'honneur professionnel... Un tel contact m'a pour toujours marqué. Je dois à leur exemple de m'être perpétuellement défié des besognes impromptues. Par un fétichisme peut- être excessif de l'exactitude..., avant d'entreprendre un nouveau livre, je me suis toujours astreint à rassembler le plus de renseignements possible, à accumuler notes et fiches, afin de réduire au minimum les risques d'erreur et de me prémunir contre les entraînements de l'improvisation. Le soin maniaque avec lequel j'ai préparé certains de mes romans, ou du moins certaines de leurs parties, n'est pas, toutes proportions gardées, sans rappeler l'application du chartiste aux prises avec un ouvrage d'érudition... »

Ces lignes valaient, croyons-nous, la peine d'être transcrites, encore que, cédant au penchant de sa nature qui le portait toujours à se reconnaître débiteur envers autrui, Roger Martin du Gard ait peut-être exagéré l'importance de sa dette et conviendrait-il davantage de parler de dispositions naturelles dont l'atmosphère chartiste permit au jeune étudiant de prendre mieux conscience et favorisa l'épanouissement. Toujours est-il que la confidence est celle d'un orfèvre, et d'un orfèvre qui prenait sa tâche au sérieux. La preuve en est administrée par la très consciencieuse, très complète et très technique monographie qu'il dédia en 1909 à son maître, Eugène Lefèvre-Pontalis, en témoignage de sa respectueuse gratitude, L'abbaye de Jumièges... Étude archéologique des ruines. Enrichie de 22 planches hors texte et de 50 photographies, elle est l'œuvre à la fois d'un archéologue averti et d'un homme de goût, sensible aux évocations du passé et à la poésie des choses. C'était, probablement quelque peu remaniée, la thèse qui lui avait valu en 1906 le diplôme d'archiviste paléographe. Les moyens que sa situation de fils de famille mettait à sa disposition lui avaient permis d'entreprendre une campagne de fouilles et de retrouver en plusieurs endroits « les fondations des parties disparues des églises et des bâtiments claustraux ».

II ne nous appartient pas de retracer les étapes d'une carrière littéraire couronnée par la plus haute récompense aujourd'hui imaginable. Dans les années qui ont précédé la mort de Roger Martin du Gard, le signataire de ces lignes avait suggéré qu'une démarche fût faite auprès de lui pour qu'il voulût bien accepter la présidence de notre Société. La notoriété de l'écrivain, la qualité de son comportement, l'humanité de son œuvre l'auraient ennoblie, comme elles honorent, quelque différentes que puissent être leurs options devant les problèmes essentiels, tous ceux que le lauréat du prix Nobel regardait comme ses confrères. " G. T.

jeudi 5 mars 2009

Secret de Polichinelle

«Je rigole, mon cher Mauriac, lui écrit Roger Martin du Gard, je rigole quand on fait de vous un écrivain du catholicisme. Il n'y a pas d'œuvre d'incrédule ou d'athée où le péché soit plus exalté. Ce sont des livres à damner les saints (…) Il crève les yeux, que vos tableaux sont peints avec une frénésie, une complaisance, une évidente et charmante tendresse.»

Lire l'article que Jean d'Ormesson consacre dans le Figaro à François Mauriac. Biographie Intime T. I de Jean-Luc Barré.

mardi 3 mars 2009

Le Testament du Père Leleu

" Le bruit s'était répandu que l'auteur de Barois avait fait une farce paysanne et il y avait là vingt personnes [...] Au dernier moment parut Gide [...] Vraiment c'est tout à fait extraordinaire. C'est à n'y rien comprendre ! Le père Leleu, après Jean Barois c'est exceptionnel ! Après ça, je vous crois capable de n'importe quoi !... n'importe quoi. " (Journal I, p. 1038).

La répétition générale eut lieu le 6 février 1914 suivie de la première au Vieux-Colombier le 7. " Oui, vraiment un gros petit succès. Et depuis, ça marche bien. On rit beaucoup, on applaudit ferme. " (Lettre à Marcel de Coppet, 11 février 1914. Journal I, p. 458).

Sans Charles Dullin ni Madame Barbieri, Le Testament du Père Leleu est repris du 18 au 21 mars (20h00) au Théâtre de l'Iris de Villeurbanne par la Compagnie de l'Iris.




dimanche 8 février 2009

Saül - Taciturne

Dans Le Temps du 13 juin 1942, Robert Kemp consacre un long article à la publication du Théâtre de Gide (Saül, Le Roi Candaule, Oedipe, Perséphone, Le Treizième arbre) aux Editions de la NRF *.
Le critique voit un lien de parenté entre le Saül de Gide, écrit en 1896, et Un Taciturne de Roger Martin du Gard.

[...] A moins d'une erreur grossière de ma part, le Saül de Gide est le frère aîné du Taciturne de son ami M. Roger Martin du Gard. Vous vous souvenez de cette comédie très particulière que beaucoup de spectateurs trouvèrent fâcheuse et qui déchaîna les foudres de M. Paul Claudel. ? Il s'agissait d'un monsieur fort raisonnable jusqu'à sa maturité, d'un puritain, d'un chaste, qui, découvrant sur le tard en lui des tendances qui l'épouvantent, ne peut plus contempler son coeur et sa pensée sans dégoût, et se donne la mort pour rester normal... [...]

Quelles sont ces foudres de M. Paul Claudel ? Alors qu'Alain Jouvet allait monter L'Annonce faite à Marie, il reçoit de ce dernier une lettre partiellement citée dans la Correspondance Jacques Copeau-Roger Martin du Gard (15 novembre 31, t. II, p. 509) : " Puisque vous éprouvez tant de satisfaction à consacrer votre art à l'immonde écrivain dont je ne veux même pas me rappeler le nom, je pense que vous n'en n'auriez aucune à monter L'Annonce faite à Marie. Je vous conseille donc de demander à M. Fouilloux de vous dégager. Vous aurez ainsi plus de temps à consacrer à vos exhibitions pédérastiques. "

La réaction à cette charge de l'Ambassadeur de France à Washington il faut la chercher dans deux lettres à Jacques Copeau adressées par Roger Martin du Gard les 5 et 8 décembre 1931 :

[...] Voilà ce que ton très chrétien ami Claudel a cru bon d'écrire à Jouvet. Je lui pardonne ses offenses, mais je t'avoue que j'en ai pleuré. Tout, tout me sépare de Claudel. Mais je l'estime, et le tiens pour pour l'un des plus grands d'aujourd'hui.[...] J'ai attendu que le crachat soit sec, et au premier coup de brosse, il n'en est rien resté... Après tout, un crachat de Claudel, c'est encore du Claudel ! [...]


* L'article complet de Robert Kemp est reproduit dans le BAAG n°161 janvier 2009.

dimanche 1 février 2009

La N.R.F a cent ans








Fondée par André Gide, Jean Schlumberger, Jacques Copeau, Marcel Drouin, Henri Ghéon et André Ruyters le vrai premier numéro de la Nouvelle Revue Française voit le jour le 1er février 1909 : un siècle ! Pour qui veut suivre la création et les premiers pas de la jeune revue, comprendre ses choix esthétiques la somme d’Auguste Anglès « André Gide et le premier groupe de La Nouvelle Revue Française » publiée en trois volumes entre 1978 et 1986 fait autorité :


" La formation du groupe et les années d’apprentissage 1890-1910 "

" L’âge critique 1911-1912 "

" Une inquiète maturité 1913-1914 "


Considéré par ses pairs comme un des membres authentiques du premier groupe, Roger Martin du Gard qui ne collaborera jamais à la Revue, intègre la sphère en 1913 : « […] Alors j’ai écrit à Gallimard qui dirige avec Schlumberger les éditions de la Nouvelle Revue Française (couverture crème, encadrement noir et rouge) sous le haut patronage d’André Gide […] et c’est Schlumberger qui a reçu le manuscrit […] C’était la première fois que j’entendais mon bouquin résonner dans le cœur d’un type qui ne me connaît pas. Tu juges de ma joie. » Lettre à Pierre Margaritis, 3 juillet 1913. Journal I, p. 411-412.

samedi 31 janvier 2009

La Bibliothèque de la Pléiade

Sur la page de présentation de la célèbre collection créée par Jacques Schiffrin en 1931 on peut y lire que :

" Gide, Malraux, Claudel, Montherlant, Saint-John Perse, J. Green, Yourcenar, Char, Gracq, lonesco et N. Sarraute sont les seuls auteurs à avoir vu leurs œuvres publiées dans la « Pléiade » de leur vivant. "

Cherchez l'erreur...!

[...] Autre complication : " la Pléiade " va publier mes oeuvres complètes en deux volumes pour Noël. Et la NRF me presse de mettre au point cette édition définitive. Camus a accepté de faire une Introduction. [...] Lettre à Marie Rougier, 17 janvier 1955. Journal III, p. 1050.

[...] Oeuvres complètes ! Cela a une résonance passablement sépulcrale et nécrologique ! Cela indique bien, en tout cas, que l'auteur est vidé, qu'il est déjà de l'autre côté du décor, et que c'est ainsi que son éditeur le considère. [...] Lettre à Marcel Martin du Gard, 18 juillet 1955. Journal III, p. 1056.




dimanche 25 janvier 2009

Marcel de Coppet l'Ami intime, le gendre...

Publiée chez L'Harmattan, une biographie de Marcel de Coppet par Alain Couturier.

Le Gouverneur et son miroir
Marcel de Coppet

(1881-1968)

Quatrième de couverture :

Marcel de Coppet a été un Gouverneur de colonie original et controversé. A la croisée de l’action coloniale et de la vie intellectuelle et littéraire, proche de Gide et intime de Roger Martin du Gard, il apparaît à diverses reprises sous les projecteurs de l’Histoire. Connu pour ses luttes contre les abus coloniaux, instigateur du “Voyage au Congo” de Gide qui provoqua à l’époque un scandale, il fut également l’artisan de la politique du Front Populaire en Afrique noire, le témoin privilégié de la mainmise de Vichy sur Madagascar et un acteur de premier plan dans les péripéties de l’insurrection de la grande île en 1947. Mais derrière les rôles il y a un homme. C’est ce personnage secret, complexe et attachant que le présent ouvrage s’efforce d’évoquer.

Originaire de Savoie, Alain COUTURIER vit au Venezuela. Depuis plusieurs années il consacre l’essentiel de son temps à la recherche historique et à l’écriture (“La piste africaine” ; “Les saisons d’un pêcheur”, Publibook). Entre autres fonctions il a été Président de l’Alliance française du Venezuela, Président de la Fondation Jules Verne, Conseiller du Commerce Extérieur de la France, Membre fondateur et Vice-président de la Chambre de Commerce Franco-Vénézuelienne.

samedi 24 janvier 2009

Témoignage

De la Nouvelle Revue Française, d'André Gide (beaucoup), de Roger Martin du Gard (un peu), de la création du comptoir d'édition Gallimard et du Vieux-Colombier
Jean Schlumberger livre ses souvenirs pendant près d'une heure. Sous la forme d'une interview, filmée à son domicile parisien 78 rue d'Assas , ce document est archivé sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel. Un extrait de 10 minutes est présenté gratuitement, l'intégralité de ce Portrait-Souvenir étant proposée en téléchargement payant.

jeudi 8 janvier 2009

Ressemblance ?

Charlotte Andrieux, spécialiste de Roger Martin du Gard, me fait remarquer que l'acteur François Dunoyer qui joue le rôle de Jacques dans la première adaptation télévisuelle des Thibault est assez proche du modèle de RMG...
Cette adaptation coréalisée par André Michel et Alain Bourdet fut diffusée en 6 épisodes de 90 minutes sur la première chaîne de l'ORTF entre décembre 1972 et janvier1973. Côté distribution, on notera les noms de Charles Vanel (Oscar Thibault), Philippe Rouleau (Antoine Thibault) et François Dunoyer (Jacques Thibault).
Pour la nouvelle adaptation du roman-fleuve proposée par France 2 en 2003 et qui fit légitimement débat, je renvoie à l'entretien du réalisateur Jean-Daniel Verhaeghe dans La Lettre n°15 de l'Association des Amis de Roger Martin du Gard.

mercredi 7 janvier 2009

Modèles d'Oscar Thibault, Antoine et Jacques

Pour visualiser ses personnages et les décrire avec précision, Roger Martin du Gard avait besoin du support de l'image. Il a constitué une collection de photographies de personnes réelles et de reproductions de portraits peints par des artistes qui lui ont servi de modèles pour les personnages des Thibault.
Collection Roger Martin du Gard, BNF, vol. XIII, fol. 11, 13 et 16.












lundi 5 janvier 2009

Roger Martin du Gard à Pontigny

Autour d'André Gide assis, de gauche à droite : Jean Schlumberger, Jacques Rivière et Roger Martin du Gard. 2ème Décade (14-24 août 1922) : Miroir de l'honneur ; culture de la fierté par la fiction.


Dans l’excellent Paul Desjardins et les Décades de Pontigny1, Jean Schlumberger conclut sa contribution2 par un portrait de Roger Martin du Gard qu’il me plaît de citer :




« Mon propos n’est pas d’établir, parmi les anciens de la N.R.F., un palmarès d’assiduité ni des certificats d’attachement à Pontigny ; je crois pourtant que sur deux plans, celui du zèle et celui du cœur, c’est bien à Roger Martin du Gard que serait revenu le prix d’excellence. (Bien qu’il ne fût pas en titre un des fondateurs de la revue et qu’il n’y ait même jamais collaboré, je le revendique comme un des membres authentiques du premier groupe.)


Dès sa première apparition à Pontigny, il avait posé en principe qu’il n’était pas un de ces intellectuels bien parlants, qui trouvent des choses ingénieuses à dire sur n’importe quoi. Il écouterait avec profit ces messieurs rivaliser d’érudition, de citations, d’entraînement aux subtilités philosophiques, mais on ne devrait pas compter sur lui pour prendre part à ces tournois ; il resterait un auditeur muet. Cette gageure il l’a tenue avec un entêtement granitique. D’autres que lui, que le ciel n’a pas doué de volubilité verbale, auraient eu le goût de partager son confortable silence, mais les conducteurs d’entretiens parvenaient toujours à les en débusquer, tandis que toutes les ruses, tous les pièges tendus ne son pas arrivés, en vingt ans, à tirer de Roger Martin du Gard fût-ce une exclamation. Or malgré ce mutisme de parade on peut, je crois, dire que personne n’a exercé plus de rayonnement dans les conversations privées, personne ne s’est plus intéressé aux jeunes, n’a plus encouragé les débutants.


L’immense correspondance qu’il a laissée montre non seulement la curiosité, mais les disponibilités de sympathie qu’il avait pour les êtres. Il a eu beau, pendant les dernières années, vivre dans la retraite, il ne désertait pas ses amitiés. Nous le savions, mais quand il a disparu, voici juste un an, chacun s’est aperçu avec étonnement combien le vide qui venait de s’ouvrir était plus large et profond qu’il ne s’y serait attendu, combien nous comptions instinctivement sur lui, sur ses conseils, combien par son œuvre dont les snobs prétendent qu’elle n’apporte plus rien, il aidait à maintenir la notion que la littérature est quelque chose en soi, quelque chose qui se continue, qui dure, et non pas, comme on nous le prêche, une activité utilitaire, sans signification au-delà de l’instant présent. »


1 Etudes, témoignages et documents inédits présentés par Anne Heurgon-Desjardins, PUF 1964.

2 " Pontigny et la Nouvelle Revue Française ". Ibid, p. 160-168.

samedi 27 décembre 2008

La Condition humaine

" Ca me fait plaisir de voir l'ami Malraux plier sous les lauriers ! J'ai relu trois fois La Condition Humaine. Chaque fois avec moins de réserves et plus d'admiration. " C'est en ces termes que Roger Martin du Gard s'adresse à Maria Van Rysselberghe - la Petite Dame - pour saluer l'attribution du Prix Goncourt à André Malraux. (Journal T. II, p. 1054).

Annonce officielle du Prix Goncourt 1933

dimanche 14 décembre 2008

Manuscrits

Deux pièces d'une extrême rareté seront vendues vendredi 19 décembre 2008 :

SCP Boisseau & Pomez
1-2 rue de la Paix
10000 Troyes

Roger Martin du Gard - André Gide - Albert Camus


Recueil des manuscrits des discours de Roger Martin du Gard (1937), André Gide (1947) et Albert Camus, (1957) prononcés lors de la remise du Prix Nobel. In-4° maroquin bordeaux, semé de points dorés, doublé de daim tilleul, encadré, bord à bord de veau fauve, gardes de même, tranches dorées sur témoins, chemise, étui (Paul Bonet, 1961).
Ces manuscrits sont accompagnés de lettres et documents expliquant comment ces documents sont parvenus au collectionneur. Très bel exemplaire, élégamment relié par Paul Bonet. Le dos de la chemise est légèrement insolé.
3 500/4 000 €.



Fatigué, André Gide ne fera pas le voyage de Stockholm " [...] inutile de me reparler aujourd'hui de la beauté, de l'intérêt, et du charme de ce voyage. " Lettre de Gide à RMG 27 novembre 1947, Correspondance AG-RMG T. II, p.389. Le texte que Gide a adressé au Comité Nobel est reproduit dans le même volume, p. 555. " Il est sans doute bien inutile de revenir sur mes regrets de ne pouvoir assister en personne à cette séance solennelle [...] Il m'a paru, Messieurs, que vos suffrages allaient non point à mon oeuvre même qu'à l'indépendant esprit qui l'anime. "


samedi 13 décembre 2008

Dossier Vieux-Colombier


Important recueil de plusieurs pièces manuscrites par Roger Martin du Gard, à propos du théâtre du " Vieux-Colombier ", et de Jacques Copeau. Pièces de théâtre, etc. réunis en un volume de format in-4° à l'italienne, 22 cm de haut, 39 de large et 7 d'épaisseur, relié en maroquin vert, orné d'un décor dit "Irradiant", doublé de daim vieux-rouge, garde de même, tranches dorées, chemise, étui (Paul Bonet, 1958).

Très bel exemplaire de cet ouvrage de toute rareté, magnifiquement relié en 1958 dans le célèbre décor irradiant de Paul Bonet. Le deuxième plat de la chemise se détache, sans gravité. 5/6.000 €.

vendredi 12 décembre 2008

Web " Association des Amis de Roger Martin du Gard "


Récemment mis à jour par Charlotte Andrieux, le site de l'Association des Amis de Roger Martin du Gard présente dans sa rubrique Actualités les différentes manifestations et conférences qui ont été organisées en cette année 2008.





Outre :
  • une biographie,
  • la liste des oeuvres,
  • les éditions disponibles,
  • une bibliographie critique fournie,
les internautes retrouveront dans les Archives le texte intégral des vingt premiers numéros de La Lettre (Janvier 1994 - Juillet 2008).

samedi 6 décembre 2008

Archives Marc Allégret



Près de deux cents lots ont été proposés à la vente sous le marteau de Maître Digard à Drouot Richelieu le 3 décembre 2007. Parmi les correspondances, scénario de films, tapuscrits, photographies, livres avec dédicaces 6 numéros concernaient directement Roger Martin du Gard.






95 MARTIN DU GARD ROGER.
Réunion de 92 lettres autographes signées à Marc Allégret (dont quelques cartes postales). Paris, Bellême (Le Tertre), Cassis, Cap d’Antibes, Nice, 23 juillet 1925-20 juin 1955 ; ens. environ 170 pages pour la plupart in-8 et 20 enveloppes conservées.
1 500 / 2 000 €

IMPORTANTE CORRESPONDANCE AMICALE POURSUIVIE PENDANT PLUS DE TRENTE ANS. Martin du Gard écrit le plus souvent de sa propriété du Tertre près de Bellême (Orne), d’où il lance des invitations pour réunir Gide, Allégret, de Coppet, Ernst Curtius, Mme Théo van Rysselberghe… Il conservera sous condition les clichés que Marc prendra pendant son séjour au Congo (1925) jusqu’à son retour. À travers les libres formules de l’amitié le littérateur réapparaît sous de jolies phrases élaborées,particulièrement pendant le voyage d’Afrique.
Il aimerait assister au tournage d’un des film d’Allégret, lui suggère, en plaisantant, d’entrer en vue de mariage en relation avec Denise van Moppès, « unique héritière d’une vieille famille hollandaise ayant des concessions à Java », attend qu’il lui explique le fonctionnement d’un Pathé-Baby offert par son frère, évoque " Colline " de Giono qu’il trouve un très beau livre ; il songe aussitôt « à l’extraordinaire film qu’on pourrait en tirer ». Lui-même prépare pour Allégret des scénarios qui ne semblent pas l’intéresser : « Frère et soeur », « Paysans » (cf. le manuscrit dactylographique ci dessous). Il le félicite sur son mariage (1938),puis : « Le départ de Christiane me remue profondément. J’ai plus que jamais besoin de solitude et de silence ». « Les Allégret ont une fille ! Alleluia ! » (3 juil. 1942).
Les lettres des années de guerre reflètent la morosité générale. Plusieurs d’entre elles sont adressées à Nadine, femme d’Allégret, et l’on suit l’évolution incessante de sa maladie. Un directeur de revue demande le film sur le voyage au Congo pour organiser des représentations.
Il se replonge dans les Thibault, reçoit avec enthousiasme le projet de film d’après La Bête humaine, « qui fait paraître fade toute notre littérature d’aujourd’hui », fait de vifs éloges de " L’Arlésienne " d’Allégret (22 avr. 1942), recommande un excellent et délicat critique Jean Blanzat et un remuant jeune homme parrainé par Cocteau, Roger Stéphane, doué pour faire des dialogues vifs et spirituels… À la fin un long passage sur la santé de Gide, qui décline… Dans une lettre annonçant l’envoi de Paysans, il rapporte des jugements d’amis : « Jean [Schlumberger] l’a lu et Mme Théo [van Rysselberghe]. Ils me confirment dans l’idée que ce film a quelque mérite. C’est une fresque paysane quelque chose de noir et blanc, un large fusain et qui peut avoir assez grande allure ». Mais le projet de film n’aboutissant, il dit : « J’enfouis mon gros manuscrit dans le tiroir fosse commune ».


96 MARTIN DU GARD ROGER.
[Le Film parlant français].
Paris, janvier 1930 ; 7 pages in-4 dont quatre autographes et un petit dossier dactylogr. sur le même sujet.
500 / 600 €

Étude en vue de remédier à la crise survenue dans le cinéma français lors du passage du cinéma muet au cinéma parlant. Le texte de la main de Roger Martin du Gard commence ainsi : " Huit écrivains français MM. Édouard Bourdet, André Gide, Jean Giraudoux, Roger Martin du Gard, André Maurois, Paul Morand, Jules Romains, Jean Schlumberger, émus par la crise où semble actuellement sombrer le cinéma français,et persuadés qu’il est encore temps d’y chercher remède, se sont spontanément groupés pour étudier, avec M. A. Blague-Belair député et M. Marc Allégret, la situation en France au début de cette année 1930. Suivent les observations et mesures préconisées " .— Joint la version dactylographiée mise au net et complète, une lettre dactyl. de J. Romains et quelques autres documents y relatifs.


97 MARTIN DU GARD ROGER.
Frère et soeur (Film non parlant mais sonore). Vers 1930. Manuscrit dactylographique de [26] ff., 137 ff., 36 ff., [2] ff.,cartonné dos toile.
200 / 300 €

Scénario de film apparemment inédit. Dactylographie originale de l’époque portant quelques corrections manuscrites.


98 MARTIN DU GARD ROGER.
Réunion de trois ouvrages en éditions originales (exemplaires de presse).
Paris, Gallimard, 1928, 1929, 1933 ; 3 vol. in-12 brochés.
150 / 250 €

LA GONFLE. Farce paysanne.— Envoi à Marc Allégret sur l’« hommage de l’auteur absent de Paris ».
VIEILLE FRANCE. Inscription de l’auteur à Marc Allégret sur la même carte-hommage.
LES THIBAULT. T. VI : La mort du père. Envoi de l’auteur : « à Marc qui ne me lit pas ».


99 MARTIN DU GARD ROGER.
Notes sur André Gide. 1913-1951.
Paris, Gallimard, 1951 ; in-12 broché.
200 / 300 €

Édition originale. Exemplaire de presse.— Dédicace autographe signée de l’auteur : « à Marc en souvenir de ces jours de février où nous avons été si proches dans le chagrin… » Gide était mort le 19 février 1951.


100 MARTIN DU GARD ROGER.
Commentaire autographe sur le reportage au « Tertre » (sa propriété) fait pour être incorporé dans le film sur André Gide. Paris, avril 1951 ; 5 pages in-4 oblong, une lettre autographe, des dactylographies et papiers divers liés à l’affaire. Le tout contenu dans un étui-boîte noir et rouge.
400 / 500 €

« Pendant l’été de 1929, quelques amis s’étaient réunis chez Roger Martin du Gard dans sa propriété de Bellême, pour y fêter le retour en France du gouverneur de Coppet… André Gide était venu y retrouver son ami… » Martin du Gard remplit ainsi cinq grandes pages de souvenirs sur la présence enchanteresse de Gide chez lui. Puis il s’arrête court et envoie une lettre à Marc Allégret (jointe) pour lui dire qu’il ne peut continuer : « Je ne sais rien foutre sur commande… » Joint des versions dactylographiées avec indications de mise en scène.

Dations à la BnF

Instituée par la la loi n° 68-251 du 31 décembre 1968 la dation permet de s'acquitter des droits de succession, de partage, de legs et donations ou de l'impôt de solidarité sur la fortune par la remise d'œuvres d'art, livres, objets de collection, documents, de haute valeur artistique ou historique.

La succession de Roger Martin du Gard, en 1977, est à l'origine de la plus première dation d'entrée à la Bibliothèque de France !

40 ans après l'entrée en vigueur de cette loi qui permet d'enrichir les collections publiques la Bnf propose sur le site François Mitterrand l'exposition Trésors en dations 1968-2008. Du 15 décembre 2008 au 15 mars 2009 seront notamment présentés en accès libre, des éditions rares de Baudelaire, Verlaine, Gide, le manuscrit du brouillon de A l'ombre des jeunes filles en fleurs, des archives de Louis Jouvet et ... une lettre autographe de Roger Martin du Gard à sa fille Christiane(1907-1974).

jeudi 4 décembre 2008

Martin du Gard en Roumanie


Silvia PANDELESCU, Maître de conférences à la Faculté des langues et littératures étrangères,Université de Bucarest, publie en cette année du cinquantenaire Techniques narratives et descriptives dans l'oeuvre de Roger Martin du Gard.
La présentation qu'en fait l'éditeur est à lire Ici.